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    Le traitement médiatique du terrorisme

    Le traitement médiatique du terrorisme

Déc 19, 2017

 

Le terme “terrorisme” est couramment utilisé, notamment par les journalistes, mais la réalité qu’il recouvre [la violence] est plus rarement évoquée parce que relativement problématique.

Il semble donc nécessaire de rappeler à quoi correspond la violence terroriste dans un État démocratique.

Car c’est bien le fait, qu’un État soit démocratique qui pose un problème d’appréhension et de gestion de la violence dite “terroriste”.

Les États non-démocratiques, n’ont pas de problème pour gérer la violence terroriste : ils la répriment.

La “gestion” du terrorisme est en elle-même, un problème pour la démocratie dont l’existence repose, entre autres, sur le respect d’un certain nombre de libertés (dont la liberté de la presse et des médias), difficiles à restreindre, même pour lutter contre le terrorisme.

L’action d’un État démocratique face à l’irruption du phénomène terroriste est donc source de difficultés, et pour mieux cerner l’étendue de ces difficultés, il semble nécessaire de faire un point préliminaire sur ce que peut être la violence terroriste, mais également, sur la violence qu’un État démocratique peut opposer au terrorisme.

 La violence politique / terroriste :

“La violence terroriste est une forme extrême de la violence politique”, Audrey Crespo-Mara.

La distinction entre les deux peut reposer sur les précisions suivantes : la violence politique vise une cible politique distincte, engagée dans le combat.

La violence terroriste atteint une cible indistincte (civile), non-engagée dans le combat du groupe.

La définition d’un acte terroriste peut s’appliquer à tout acte, qui atteint une cible indistincte, non-engagée dans le combat du groupe qui commet l’acte.

L’acte terroriste, est donc, à opposer à l’acte de guerre qui vise une cible politique, représentative de ce que le terrorisme “combat”.

Ainsi, lorsque l’IRA (Irish Républicain Army) attaque une caserne de soldats britanniques, ou des paramilitaires protestants, il est possible de qualifier l’action comme étant un acte de guerre.

Lorsque le même groupe place une bombe dans un magasin, l’acte relève du terrorisme.

De telles définitions sont parfois difficiles à “tenir”.

Certains actes peuvent parfois ressortir à la fois à la criminalité et au terrorisme, comme c’est parfois le cas en Corse lorsque le “terrorisme” nationaliste s’attaque à des cibles identifiées, représentatives ou “ennemies” de la cause.

L’assassinat du préfet Erignac, est de ce point de vue, un acte plus difficile à définir que l’explosion d’une bombe dans le RER (réseau express régional) à Paris.

L’acte terroriste, vise par ailleurs, au-delà de lui-même. En cela, il est aussi, un acte de communication.

Comment celle-ci, portée par la violence, peut-elle être traitée par les médias, dont l’activité est fondamentalement de l’ordre du discours ?

Audrey Crespo-Mara, journaliste de LCI “Cette question pourrait résumer les difficultés qu’affrontent les médias face un phénomène qui nie, toute dimension discursive et fait reposer son efficace sur un pur rapport de force, fût-il un rapport de force dans la représentation symbolique.

Il apparaît que la question est gérée différemment, selon le type de terrorisme”.

La présentatrice phare de la télévision française “ACM” était à la présentation des éditions spéciales et des journaux également, au lendemain de l’attentat de Nice, le 20 juillet dernier.