L'infos en toute objectivité

Le COSIM de la Cote d’Ivoire prend position

Le COSIM de la Cote d’Ivoire prend position

Avr 3, 2018

 

Les Imams du Cote d’Ivoire se prononcent sur l’affaire de l’islamologue suisse

Incarcéré en France depuis le 2 février 2018, l’islamologue suisse Tariq Ramadan est visé par des plaintes de femmes pour acte immoral.
À ce sujet, ce mercredi 28 mars, le COSIM Conseil supérieur des imams de Cote d’Ivoire, a fait part de ses observations concernant l’affaire du théologien âgé de 55 ans.


En premier lieu le COSIM déclare que les accusations portées contre l’intellectuel, sont considérées comme des fait très graves, moralement inacceptables et punis par la Loi, devant être condamnés avec la plus grande rigueur.
Le conseil rajoute que même au regard de la législation islamique, ce type d’acte est considéré comme un grave crime portant atteinte à la dignité de la femme. Au regard de cette situation, le COSIM insiste que seule une justice impartiale, équitable et juste serait la solution inébranlable pour établir la manifestation de la vérité et permettre par conséquent de rendre justice soit à l’accusé soit à l’accusateur.
Toutefois, le Conseil des Imams constate que les circonstances de déroulement de l’enquête de l’islamologue, sont en contradiction avec les procédures judiciaires régulières. Alors qu’il s’est présenté de son plein gré à la convocation de police, l’intellectuel a été directement mis en détention provisoire après sa garde à vue et aussitôt placé dans une cellule à l’isolement dans la prison de Fleury-Mérogis, au même titre que des criminels arrêtés en flagrant délit de crime. ‘‘ Le professeur Ramadan est désigné coupable, et non pas comme un simple présumé, qui devrait incontestablement bénéficier de son droit à la présomption d’innocence ’’.

Le COSIM s’exprime face à la sévérité du traitement médiatique et juridique


Le Conseil d’Imams ivoiriens a été informé de la dégradation préoccupante de l’état de santé du théologien suisse.
En dépit des conclusions de l’examen de santé effectué par des médecins assermentés et qui affirment la fragilité de leur patient, cette attestation n’a pas assoupli la dureté de l’incarcération du quinquagénaire et les conditions indignes de celle-ci.
Selon le Conseil, une tribune est visiblement offerte aux détracteurs de l’intellectuel suisse Tariq Ramadan, pour entraîner contre lui une violente campagne de lynchage médiatique et de dénigrement. Privé de parole sur la majorité des chaînes françaises de télévision, le docteur en théologie, devient aux yeux de l’opinion publique, le coupable accusé, condamné et détenu.
Par conséquent, et face à la dureté de ce traitement médiatique et juridique, le COSIM craint que ce mouvement s’oppose à la tenue d’un procès équitable et juste et que le professeur ne puisse bénéficier de son droit à la présomption d’innocence, une base fondamentale du droit.
Le suisse occupe une place fort estimable au rang de la communauté musulmane ivoirienne, ne pouvant être indifférente devant cette, elle lui éprouve un grand soutien.
En dernier lieu, le Conseil Supérieur fait part de sa vive préoccupation et inquiétude par rapport au traitement juridique et médiatique dont le théologien est victime.

Il dénonce par ailleurs une analyse partiale de l’information et appelle les autorités françaises compétentes à mettre en place les mesures nécessaires pour préserver l’intégrité physique de l’accusé en lui assurant notamment un suivi médical sérieux et compatible avec son état de santé.